vendredi 11 mars 2016

Sans devoirs ni leçons

Lundi dernier, 13h34, j’appuyais sur le bouton «Envoyer» avec appréhension. Voilà, une bombe était lancée vers les parents : dorénavant, leur enfant n’aurait ni devoirs ni leçons à faire à la maison. Tic-tac, tic-tac, je voyais le temps passer en attente d’un courriel, d’un appel, d’une plainte, d’un cri. Je l’attendais avec appréhension ce parent qui questionnerait et douterait, mais je l’attendais avec confiance, car je savais que nous avions fait un bon choix.

Les devoirs
Les devoirs, pour avoir de meilleurs résultats, consolider les apprentissages, ça vaut le coup, non? Non, justement, ça ne vaut pas le coût! Les devoirs au primaire n’ont que très peu d’effet sur la réussite scolaire!

À l’école, nous prenons du temps pour choisir le devoir, prendre en note le devoir, expliquer le devoir, vérifier le devoir, donner une conséquence si le devoir n’est pas fait, corriger le devoir. À la maison, du temps est investi pour comprendre le devoir, réexpliquer le devoir, faire le devoir. Ça c’est quand ça va bien, sinon on y ajoute : s’installer pour le devoir, s’obstiner pour le devoir, se chicaner pour le devoir et autres aléas d’un soir de semaine format familial.
Note : je suis consciente du fait que cette partie soit répétitive, mais la routine des devoirs l'est tout autant.

Les leçons
Plusieurs ont compris, depuis quelques années, ce qui est écrit ci-haut et ont décrété qu’ils ne donneraient plus de devoirs aux élèves. Pas de devoirs, seulement des leçons. Grand bien leur fasse. Les enfants, les enseignants et les familles se sentent sûrement délestées d’un poids.

J’insiste ici sur le fait qu’étudier est et restera quelque chose d’important. La mémorisation de certaines notions est essentielle et ces connaissances de base doivent s’ancrer dans la tête des élèves. Aaaaah! S’ils pouvaient tous connaître leurs tables de multiplication sur le bout des doigts!!!

Le pari que l’on fait, c’est que les élèves peuvent faire leurs leçons en classe et que ces minutes leur seront plus profitables. Au retour du diner, 20 minutes intensives sont consacrées à l’étude et à la méthodologie favorisant une bonne rétention des connaissances. Les élèves cheminent et s’entraident, peuvent demander de l’aide immédiatement s’ils en ont besoin et sont même heureux de profiter de ce moment. C’est impressionnant de les voir aussi engagés!

À la maison
J’entends déjà de petites voix dire que le lien entre la famille et l’école sera effrité, que le parent ne pourra plus s’impliquer auprès de son enfant. Et pourtant, j’ai plutôt l’impression que l’on raffermit le lien. En enlevant cette responsabilité des épaules des parents, nous en faisons des alliés. Nous les tenons informés de la matière travaillée durant le mois et ils choisissent ou non de la consolider. Nous leur faisons confiance et ils nous le rendent bien.

Les parents et la famille ont une place privilégiée auprès de l’enfant et c’est pourquoi la chose que l’on demande est de favoriser la lecture sous toutes ses formes à la maison. 20 minutes par jour, c’est leur seule partie du contrat, mais ô combien importante.

Tic-tac, tic-tac, vendredi 20h51, toujours pas eu de courriel, d’appel, de plainte, de cri. Si la bombe explose, ce sera peut-être de joie. M’est d’avis que les parents avaient peut-être cheminé bien avant nous sur cette question.

Sources :


http://ici.radio-canada.ca/regions/estrie/2016/01/22/004-abolition-devoirs-ecole-primaire-la-passerelle-asbestos-impacts-reussite-scolaire.shtml

http://plus.lapresse.ca/screens/2bef322c-e4e7-42f7-b6c3-b58ee8de7507%7C_0.html

http://laclassedemadamevalerie.blogspot.ca/2016/03/lire-20-minutes-par-jour.html

https://www.washingtonpost.com/news/parenting/wp/2016/02/24/the-question-of-homework-should-our-kids-have-it-at-all/