mardi 17 février 2015

Classcraft ou l'aventure d'un p'tit blond

A est communément appelé « le p’tit blond » ou « ton p’tit blond ». Il est facile à reconnaître, facile à identifier et facile à entendre. Dès qu’il sort de la classe, il sort son fou en même temps que lui. Toujours est-il que mon p’tit blond, dans mon groupe, fonctionne plutôt bien et arrive généralement à réfréner ses ardeurs. Il respecte les routines et se reprend assez vite lorsqu’il a un avertissement. Il a bien sûr des défis à relever mais on choisit nos batailles, une à la fois.

Parlant de bataille, mon petit blond est un guerrier. Par un guerrier comme dans militaire, armée, Rambo ni camouflage… non! Il est un guerrier dans le monde de Classcraft, où il est récompensé pour ses bons comportements et ses améliorations, où il peut aider les autres et recevoir aussi du soutien. 

Il arrive aussi que mon p’tit blond mette sa vie en danger et même qu’il tombe au combat, comme tout guerrier digne de ce nom. Chaque fois il se relève, chaque fois il est prêt à recommencer, parce qu’il adore ça. Sa mère m’a même écrit « A me parle beaucoup de ses points dans Classcraft »… lui qui ne parlait jamais de l’école jusque-là, on peut dire que la magie opère même à la maison.

Comme tous ses partenaires de jeu, qu’ils soient guerriers, mages ou guérisseurs, mon p’tit blond aime la ludification de la classe et a l’impression d’appartenir à une communauté de privilégiés. Il est fier de son personnage et passe même un peu de ses temps libres à lui acheter de nouveaux équipements ou à adopter des familiers dont il prendra soin. Il lui arrive même de faire de la lecture ou de l’écriture le soir, chez lui, sans qu’il y soit obligé... quand c’est dans Classcraft, ce n’est pas la même chose qu’un devoir n’est-ce pas? Chaque matin, il attend impatiemment l’événement aléatoire du jour et il apprend à accepter la critique (parce que l’aide des autres reste volontaire et ils trouvent parfois que le p’tit blond ne mérite pas leur clémence).

J’aurais pu vous dire que je suis la meilleure enseignante du monde et que c’est pour ça que mon p’tit blond fonctionne bien sous mon aile, mais ce n’est pas le cas (mmmenfin, peut-être un peu hihi!). Je suis le maître du jeu et il a embarqué à fond, ça lui donne une raison pour faire des efforts, obtenir de meilleurs résultats, avoir un meilleur comportement et, en prime, il aime ça. Le véritable secret de tout ça, c’est qu’il est capable, mon p’tit blond, de bien agir malgré ses difficultés. C’est aussi que grâce à Classcraft et à bien d’autres choses encore, on a créé un lien d’attachement assez fort lui et moi.

La prochaine étape, le prochain combat? Transposer cet apport à l’extérieur de la classe, dans les autres cours, auprès des autres intervenants. Je lui ai demandé de me proposer des solutions et il veut être payé en pièces d’or, lorsqu’il arrive à mieux se comporter ailleurs. J’ai accepté, bien entendu!

Qui sait, peut-être entendrai-je bientôt parler de mon p’tit guerrier plutôt que de mon p’tit blond?

mercredi 11 février 2015

Y voir plus Clair2015 (le billet-que-je-me-promettais-d'écrire-bientôt)

À la fois, il y a tant à dire et, en même temps, il fallait y être. 

Pour qui n'a aucune idée (ou si peu) de ce qu'est réellement ce colloque pédagogique et sa communauté, une petite présentation s'impose :

- Clair, je te présente Quelqu'un.
- Quelqu'un, voici Clair.

Nul besoin d'en dire davantage! À Clair, on se sent quelqu'un, quelqu'un d'important, quelqu'un de privilégié. Les gens qui nous y accueillent sont merveilleusement souriants, bienveillants, voire émouvants. Roberto Gauvin (@gauviroo), le directeur de l'école, a certes une vision et des valeurs qu'il sait partager et diffuser. Bénévoles, membres du personnel, élèves, tous nous parlent de "Roberto" alors que l'on visite l'école, le laboratoire créatif et les classes, comme si l'on était chez nous (et tous les participants rêvent en secret que ce soit le cas). 

L'école de Clair semble être une utopie, l'inaccessible étoile de Brel, c'est là-bas! Mais quand on y regarde de plus près, on voit les yeux des participants qui brillent eux aussi et on a envie de se laisser éblouir : Corinne Gilbert (@cogilbert) et l'escouade Dé-Clic, Audrey Miller (@millaudrey), aussi Branchée que son École et Brigitte Léonard (@BrigitteProf)qui est une source d'inspiration intarissable, n'en sont que quelques exemples.

Il y a aussi les discussions, celles qui s'imposent, qui s'improvisent, qui nous questionnent, nous désarçonnent, celles qui sont drôles ou plus sérieuses.  On revoit des gens que l'on apprécie et on croise des gens que l'on ne connaissait que virtuellement puis d'autres que l'on suivra désormais. Surtout, on oublie l'espace d'un instant nos téléphones intelligents et nos tablettes pour se consacrer à l'humain, aussi technologique soit-il. Bien sûr, quand on se retrouve seul au travers de plus de 300 participants connectés sur une même voix (celle du conférencier), on pitonne, n'ayez crainte! Belle gang de Tweets (#clair2015)! Mais quand on est face à face, qu'on déguste une ploye, on se parle pour vrai pour "savoir quoice qui se brasse, savoir quoice qui s'a brassé" (@marioch).


Clair, c'est une scène où montent des gens plus inspirants les uns que les autres. Les plus jeunes politiciens au pays (@joceleblanc14 @joelemond94) ont eu droit à une ovation debout, de même que la jeune Marilou Lang qui a su nous émouvoir et faire vibrer en nous toute la mélodie de la langue brayonne. 

Clair ce sont des européens qui ont très froid, mais certainement pas aux yeux (@mlebrun2 @batier); un Martin Lessard (@martinlessard) qui nous fait voyager dans le monde des possibles où rien ne semble impossible. C'est une Lise Galuga (@lisegaluga) qui nous cuisine un éléphant de telle façon qu'on a envie d'y planter les dents (ce que j'ai déjà fait depuis, quelques bouchées qui se digèrent plutôt bien!) - cette même femme qui nous touche au coeur de ce que nous sommes et que l'on veut tous comme mentor. C'est aussi un moment d'introspection avec Raymond Vaillancourt (@marc_aurele) qui nous amène à préciser notre vision, nos idéaux et à leur trouver un écho dans l'action. 

Clair c'est Yves Doucet (@yvesdoucet) qui réussit à concentrer tant d'énergie dans un court laps de temps qu'on se serait crus au RedBull Ignite : 400 secondes de dynamisme à l'état pur! C'est Mario Asselin (@MarioAsselin) qui démontre combien le fait d'être publié revêt un caractère sacré pour les enfants d'aujourd'hui (Internet ça a toujours existé non?!?).

Je n'ai pas écrit ce texte au présent par hasard ou par erreur. Ça ne s'est pas terminé la journée du retour à la maison, car j'ai ramené un peu de Clair2015 dans ma valise, c'est encore présent et ça le restera. Dans ma vie professionnelle, ce n'est pas un événement isolé, c'est un jalon : il y a le "avant", il y a le "après" et, dans cet après, j'attends déjà #clair2016 et #clair20xx.

lundi 9 février 2015

Un blogue, mais pourquoi?

Ouf, moi qui pensais avoir déjà une vie mouvementée, les dernières semaines lui ont donné tout un coup de fouet! De nouveaux projets se mettent en branle, tant dans ma classe que dans ma vie (il faut dire que les deux ne font souvent qu'un).

Parmi ceux-ci, l'idée de commencer un blogue s'est imposée car je réfléchis (beaucoup!) et je trouve rarement le temps pour écrire. Bon, voilà que je commence déjà avec un presque-mensonge! Je passe en fait beaucoup de mon temps à écrire : des courriels, des listes de commissions, des messages, des mots d'amour, des idées ici et là, des commentaires, des gazouillis... Il y a là une importante nuance à faire entre "prendre son temps" et "passer son temps".


Je ressens donc le besoin de prendre mon temps pour mettre par écrit mes découvertes, mes idées, mes beaux moments, mes défis, mes croyances, mes valeurs, mes réussites, mes échecs et je ne sais quoi d'autre. Prendre son temps c'est aussi cela : ne pas prévoir, ne pas se créer d'attentes, juste vivre le moment présent, celui où j'aurai besoin d'écrire, de partager (à mon humble lectorat de zéro adepte au moment où j'écris ces lignes - eh bien quoi, je n'ai encore rien publié!??!).


L'idée ne s'est pas imposée toute seule, elle est apparue dans ma vie comme par magie, la magie de Clair2015 dont je parlerai dans un prochain billet-que-je-me-promets-d'écrire-bientôt.


Pourquoi un blogue? Pourquoi pas?