mercredi 16 décembre 2015

Classes iPad

Après les quatre premiers mois de notre projet classes iPad, à la fois aussi impulsif que réfléchi, vient le temps de reprendre notre souffle et de jeter un regard derrière. Je pourrais juste écrire wow! et m’arrêter ici, mais il est rare que je parle aussi peu n’est-ce pas?


Wow! Le travail en collaboration avec Annie et Sébastien. On part d’une petite idée qui en devient une grandiose, on se complète, on s’écoute, on se crinque, je chiale (un peu!), on construit, on crée, on partage, on innove, on fait autrement et, surtout, on est biens dans cette dynamique.


Wow! Les possibilités d’une classe sans cahiers d’exercices, sans contraintes, sans limites, avec des valeurs pédagogiques bien définies, des échanges constructifs, de la flexibilité (et même des règles!!!). J’ai l’impression d’exploiter enfin mon potentiel créatif. Ce n’est pas les idées qui manquaient, pourtant, mais elles n’étaient pas encore en terrain fertile.


Wow! Les yeux des élèves, leurs sourires, leurs idées, leur engagement, leurs habiletés, leurs capacités à s’adapter à nos horaires de fou et à nos projets. Si les premières semaines ont été difficiles du côté technique, ils sont désormais impressionnants (leurs parents aussi, qui arrivent à les suivre).


Wow! Les gens qui s’intéressent à nous, qui nous questionnent, qui nous visitent, qui nous suivent et même toi, oui toi, qui a lu ce billet par simple curiosité.

lundi 24 août 2015

La rentrée

Angélik (ma première), entre à la maternelle dans quelques jours. Sac d’école et crayons sont achetés, admirés, étiquetés, bien rangés et attendent sagement la fillette qui saura leur donner vie au quotidien. C’est qu’elle a hâte de commencer, elle est grande après tout. Il y a une fébrilité dans l’air, l’excitation de la nouveauté, une étape de notre vie familiale. C’est que chez nous, on aime s’extasier sur des petits riens, alors imaginez quand il se passe quelque chose d’important pour vrai! 

J’avoue que je tripe peut-être un peu trop sur l’école et que c’est sûrement l’une des raisons pour lesquelles j’y fais carrière tout en continuant d’étudier. Je sais que je n’ai peut-être pas le recul nécessaire pour juger de la situation mais il me semble que la rentrée, c’est « cool » non?!? Retrouver des amis, s’en faire de nouveaux, découvrir qu’on est dans la classe de Mme Julie (ou insérez ici votre prénom, c'est bon pour l'estime de soi), s’installer dans un nouvel environnement, anticiper les projets, ce que l’on va apprendre… Noooon??!?!!? 

Enfin bref, j’ai entendu trop d’adultes dans la dernière semaine qui discutaient avec un enfant en lui disant « Ark l’école recommence! » ou toute autre phrase qui sonne pareil dans la tête du dit-enfant et qui éteint à coup sûr son envie d'y aller. On s’entend tous pour dire que la fin des vacances, c’est un peu tristounet : dormir le matin, se coller au réveil, manger n’importe quand, se coucher tard, jouer dehors, relaxer, décrocher, profiter de la vie, c’est magique!

Je suis la première à dire que tout ce temps passé avec mes trois amours me manquera énormément. Mais je suis contente de retourner en classe avec les nouveaux défis qui m’attendent et, j’espère que mes élèves le seront tout autant car la rentrée aussi c’est un peu magique. 

Alors je dis « Adultes de toute la société, mettez du bois dans ces petits feux qu’on allume! » et aussi « Amis profs sachez garder la flamme! ».

Bonne rentrée à tous et surtout à Angélik!

lundi 9 mars 2015

Pas d'internet?

« La technopédagogie, les devoirs en ligne, les travaux collaboratifs, c’est bien beau tout ça, mais tu fais quoi avec les élèves qui n’ont pas internet à la maison? ».

Je ne suis sans doute pas la seule à m’être fait poser cette question. Ce n’est pas un ou deux élèves qui n’ont pas accès à la technologie à la maison qui vont m’arrêter, au contraire! Si l’école est le seul endroit où ils peuvent être connectés, raison de plus pour les y initier. Ça demande d’aménager un peu l’horaire, de leur donner accès à un ordinateur pour faire à l’école ce qu’ils ne peuvent faire à la maison. En fait, ce n’est pas beaucoup plus compliqué, mais, je dois avouer que ça me dérange qu’en 2015, des familles ne soient pas connectées au web; ça me chamboule quand un papa d'élève m'écrit "pour ma part, je me désintéresse des médias sociaux numériques"; ça me soulage quand je le convaincs dans l'heure qui suit (après tout, son enfant grandira dans un monde numérique).

Je sais qu’il y a des gens qui n’ont pratiquement rien à se mettre sous la dent, je suis aussi pleinement (trop!) consciente que tous les enfants ne voient pas leurs besoins de base comblés. Et les récalcitrants se feront un plaisir de me brandir la pyramide de Maslow sous les yeux, comme si je n’étais pas frappée moi-même par l’évidence que ces enfants (trop! j’insiste!) manquent de l’essentiel. Voilà peut-être l’idée qu’ils se font de ma vision des choses.

Ce qu’ils n’ont pas compris, ces détracteurs/ennemis du dangereux web, c’est qu'il est bien de relever la tête et de regarder plus loin, plus haut. Eh bien, eh bien, qui se cachent donc dans cette jolie pyramide? Les réseaux sociaux y sont représentés comme une façon d’atteindre les paliers supérieurs (appartenance, estime, accomplissement). 

Parce que oui, internet, ça permet aussi ça. En fait, ça devrait être le but premier d’un utilisateur du web. Attention! Je sais que de battre le beau-frère à Candy Crush augmente l’estime personnelle de certains et que les « j’aime » sur un selfie peuvent donner une impression d’accomplissement à d’autres, mais ce n’est pas de ça dont je parle. 

Non, je parle ici d'école, d'apprentissage, de pédagogie. Je fais référence à M, qui a un tempérament de vedette et qui, pour une fois, est contente de mettre de l’énergie à corriger un texte car elle sait que celui-ci sera publié en ligne. Je me rappelle de sous-groupes qui ont travaillé plus de trente minutes sur un tweet (une seule phrase) et qui l’ont publié les yeux remplis de fierté. Je pense à la petite Zoé, une élève de deuxième année que l’on n’a jamais vue « en vrai » mais que l’on suit sur Facebook pour l’encourager à combattre son cancer. Je relis le message de grand-papa B qui a pris le temps de m’envoyer un courriel pour me dire : « mon petit-fils était très fier de me montrer le site internet de son professeur ». Je m’inquiète aussi pour L qui m’écrit un courriel la veille de Noël pour me confier que ses parents se chicanent fort et qu’elle s’ennuie de nous (la classe). Je ris encore en voyant mes 4 moineaux se déguiser en personnage de roman dans le cadre du projet Écouter lire le monde. On est connectés, tissés serrés dans la toile du web.

Tout ça me permet personnellement et professionnellement d’aspirer au sommet de la pyramide et d’y amener mes élèves avec moi. L’appartenance, l’estime de soi, l’accomplissement… les enfants qui manquent de la base sont parfois assez loin de ces paliers, ils gardent la tête basse, les yeux baissés. Il faut leur faire savoir qu’ils y ont accès eux aussi. La technologie n’est heureusement pas la seule façon d’y parvenir, mais c’est une des seules qui soit transférables, directement à la maison, à condition que la dite-maison ait aussi une connexion*.

Sur ce, je vais aller cuisiner un bon gâteau avec mes filles et jouer à un jeu de société. Pas trop d’écrans chez nous, c’est la règle!!!

* Encore une fois, la base reste essentielle et quand la famille peine à la stabiliser, ce doit être là la priorité de toute personne qui gravite autour de l’enfant.

mardi 17 février 2015

Classcraft ou l'aventure d'un p'tit blond

A est communément appelé « le p’tit blond » ou « ton p’tit blond ». Il est facile à reconnaître, facile à identifier et facile à entendre. Dès qu’il sort de la classe, il sort son fou en même temps que lui. Toujours est-il que mon p’tit blond, dans mon groupe, fonctionne plutôt bien et arrive généralement à réfréner ses ardeurs. Il respecte les routines et se reprend assez vite lorsqu’il a un avertissement. Il a bien sûr des défis à relever mais on choisit nos batailles, une à la fois.

Parlant de bataille, mon petit blond est un guerrier. Par un guerrier comme dans militaire, armée, Rambo ni camouflage… non! Il est un guerrier dans le monde de Classcraft, où il est récompensé pour ses bons comportements et ses améliorations, où il peut aider les autres et recevoir aussi du soutien. 

Il arrive aussi que mon p’tit blond mette sa vie en danger et même qu’il tombe au combat, comme tout guerrier digne de ce nom. Chaque fois il se relève, chaque fois il est prêt à recommencer, parce qu’il adore ça. Sa mère m’a même écrit « A me parle beaucoup de ses points dans Classcraft »… lui qui ne parlait jamais de l’école jusque-là, on peut dire que la magie opère même à la maison.

Comme tous ses partenaires de jeu, qu’ils soient guerriers, mages ou guérisseurs, mon p’tit blond aime la ludification de la classe et a l’impression d’appartenir à une communauté de privilégiés. Il est fier de son personnage et passe même un peu de ses temps libres à lui acheter de nouveaux équipements ou à adopter des familiers dont il prendra soin. Il lui arrive même de faire de la lecture ou de l’écriture le soir, chez lui, sans qu’il y soit obligé... quand c’est dans Classcraft, ce n’est pas la même chose qu’un devoir n’est-ce pas? Chaque matin, il attend impatiemment l’événement aléatoire du jour et il apprend à accepter la critique (parce que l’aide des autres reste volontaire et ils trouvent parfois que le p’tit blond ne mérite pas leur clémence).

J’aurais pu vous dire que je suis la meilleure enseignante du monde et que c’est pour ça que mon p’tit blond fonctionne bien sous mon aile, mais ce n’est pas le cas (mmmenfin, peut-être un peu hihi!). Je suis le maître du jeu et il a embarqué à fond, ça lui donne une raison pour faire des efforts, obtenir de meilleurs résultats, avoir un meilleur comportement et, en prime, il aime ça. Le véritable secret de tout ça, c’est qu’il est capable, mon p’tit blond, de bien agir malgré ses difficultés. C’est aussi que grâce à Classcraft et à bien d’autres choses encore, on a créé un lien d’attachement assez fort lui et moi.

La prochaine étape, le prochain combat? Transposer cet apport à l’extérieur de la classe, dans les autres cours, auprès des autres intervenants. Je lui ai demandé de me proposer des solutions et il veut être payé en pièces d’or, lorsqu’il arrive à mieux se comporter ailleurs. J’ai accepté, bien entendu!

Qui sait, peut-être entendrai-je bientôt parler de mon p’tit guerrier plutôt que de mon p’tit blond?

mercredi 11 février 2015

Y voir plus Clair2015 (le billet-que-je-me-promettais-d'écrire-bientôt)

À la fois, il y a tant à dire et, en même temps, il fallait y être. 

Pour qui n'a aucune idée (ou si peu) de ce qu'est réellement ce colloque pédagogique et sa communauté, une petite présentation s'impose :

- Clair, je te présente Quelqu'un.
- Quelqu'un, voici Clair.

Nul besoin d'en dire davantage! À Clair, on se sent quelqu'un, quelqu'un d'important, quelqu'un de privilégié. Les gens qui nous y accueillent sont merveilleusement souriants, bienveillants, voire émouvants. Roberto Gauvin (@gauviroo), le directeur de l'école, a certes une vision et des valeurs qu'il sait partager et diffuser. Bénévoles, membres du personnel, élèves, tous nous parlent de "Roberto" alors que l'on visite l'école, le laboratoire créatif et les classes, comme si l'on était chez nous (et tous les participants rêvent en secret que ce soit le cas). 

L'école de Clair semble être une utopie, l'inaccessible étoile de Brel, c'est là-bas! Mais quand on y regarde de plus près, on voit les yeux des participants qui brillent eux aussi et on a envie de se laisser éblouir : Corinne Gilbert (@cogilbert) et l'escouade Dé-Clic, Audrey Miller (@millaudrey), aussi Branchée que son École et Brigitte Léonard (@BrigitteProf)qui est une source d'inspiration intarissable, n'en sont que quelques exemples.

Il y a aussi les discussions, celles qui s'imposent, qui s'improvisent, qui nous questionnent, nous désarçonnent, celles qui sont drôles ou plus sérieuses.  On revoit des gens que l'on apprécie et on croise des gens que l'on ne connaissait que virtuellement puis d'autres que l'on suivra désormais. Surtout, on oublie l'espace d'un instant nos téléphones intelligents et nos tablettes pour se consacrer à l'humain, aussi technologique soit-il. Bien sûr, quand on se retrouve seul au travers de plus de 300 participants connectés sur une même voix (celle du conférencier), on pitonne, n'ayez crainte! Belle gang de Tweets (#clair2015)! Mais quand on est face à face, qu'on déguste une ploye, on se parle pour vrai pour "savoir quoice qui se brasse, savoir quoice qui s'a brassé" (@marioch).


Clair, c'est une scène où montent des gens plus inspirants les uns que les autres. Les plus jeunes politiciens au pays (@joceleblanc14 @joelemond94) ont eu droit à une ovation debout, de même que la jeune Marilou Lang qui a su nous émouvoir et faire vibrer en nous toute la mélodie de la langue brayonne. 

Clair ce sont des européens qui ont très froid, mais certainement pas aux yeux (@mlebrun2 @batier); un Martin Lessard (@martinlessard) qui nous fait voyager dans le monde des possibles où rien ne semble impossible. C'est une Lise Galuga (@lisegaluga) qui nous cuisine un éléphant de telle façon qu'on a envie d'y planter les dents (ce que j'ai déjà fait depuis, quelques bouchées qui se digèrent plutôt bien!) - cette même femme qui nous touche au coeur de ce que nous sommes et que l'on veut tous comme mentor. C'est aussi un moment d'introspection avec Raymond Vaillancourt (@marc_aurele) qui nous amène à préciser notre vision, nos idéaux et à leur trouver un écho dans l'action. 

Clair c'est Yves Doucet (@yvesdoucet) qui réussit à concentrer tant d'énergie dans un court laps de temps qu'on se serait crus au RedBull Ignite : 400 secondes de dynamisme à l'état pur! C'est Mario Asselin (@MarioAsselin) qui démontre combien le fait d'être publié revêt un caractère sacré pour les enfants d'aujourd'hui (Internet ça a toujours existé non?!?).

Je n'ai pas écrit ce texte au présent par hasard ou par erreur. Ça ne s'est pas terminé la journée du retour à la maison, car j'ai ramené un peu de Clair2015 dans ma valise, c'est encore présent et ça le restera. Dans ma vie professionnelle, ce n'est pas un événement isolé, c'est un jalon : il y a le "avant", il y a le "après" et, dans cet après, j'attends déjà #clair2016 et #clair20xx.

lundi 9 février 2015

Un blogue, mais pourquoi?

Ouf, moi qui pensais avoir déjà une vie mouvementée, les dernières semaines lui ont donné tout un coup de fouet! De nouveaux projets se mettent en branle, tant dans ma classe que dans ma vie (il faut dire que les deux ne font souvent qu'un).

Parmi ceux-ci, l'idée de commencer un blogue s'est imposée car je réfléchis (beaucoup!) et je trouve rarement le temps pour écrire. Bon, voilà que je commence déjà avec un presque-mensonge! Je passe en fait beaucoup de mon temps à écrire : des courriels, des listes de commissions, des messages, des mots d'amour, des idées ici et là, des commentaires, des gazouillis... Il y a là une importante nuance à faire entre "prendre son temps" et "passer son temps".


Je ressens donc le besoin de prendre mon temps pour mettre par écrit mes découvertes, mes idées, mes beaux moments, mes défis, mes croyances, mes valeurs, mes réussites, mes échecs et je ne sais quoi d'autre. Prendre son temps c'est aussi cela : ne pas prévoir, ne pas se créer d'attentes, juste vivre le moment présent, celui où j'aurai besoin d'écrire, de partager (à mon humble lectorat de zéro adepte au moment où j'écris ces lignes - eh bien quoi, je n'ai encore rien publié!??!).


L'idée ne s'est pas imposée toute seule, elle est apparue dans ma vie comme par magie, la magie de Clair2015 dont je parlerai dans un prochain billet-que-je-me-promets-d'écrire-bientôt.


Pourquoi un blogue? Pourquoi pas?