dimanche 18 février 2018

#Clair2018

Quand mon ami Talel m’a demandé ce que je retenais de Clair cette année je n’ai pas su lui répondre. Trois jours après le retour, c'était tôt. J'avais encore trop d’émotions au cœur et d’idées en tête,  à vif, qui n'étaient pas prêtes à atterrir. Il fallait attendre un peu, que ça se dépose en moi avant de pouvoir y mettre des mots, accepter que ce Clair2018 soit déjà passé et en faire un doux souvenir. Chaque édition de ce rassemblement extraordinaire nous émerveille et nous bouleverse, mais cette année je dois avouer que ça a été particulièrement intense dans mon cas. Hum, non! Le mot intense n’est pas suffisamment intense pour faire état de mon état :  insondable serait plus juste. Voilà, ça aura pris quelques semaines avant que je sois prête à y coller mes humbles mots.

La fébrilité étaient au rendez-vous depuis quelques semaines, étant donné que j’avais accepté de participer à la session Ignite. Ce sentiment, je l’ai partagé particulièrement avec @simonlavallée, son sourire, son authenticité, son énergie et ses bas dépareillés : tu ne peux pas savoir à quel point t’avoir à mes côtés m’a fait du bien! De savoir que même toi, tu doutais, j’ai trouvé ça rassurant.

Sur la route vers le pays des Brayons, la passion était déjà au rendez-vous avec Marie-Eve, Joëlle et Margarida. Quel bonheur et quel honneur ce fût de discuter avec ces femmes inspirantes, prêtes à refaire le monde une idée à la fois : sourire, rire et se nourrir l’esprit et le coeur (dans une boucherie… on vous racontera!). Mon amoureux était aussi de la partie, lui qui a peu à voir avec le monde de l’éducation, mais en devient accro à force de partager ma vie et mes folies.

Une fois rendue au CAHM, un sentiment de réconfort m’a envahie, comme une impression de revenir chez moi après un long voyage. On est encore et toujours si bien accueillis :
- Parce qu'aller à Clair, ça crée toujours une certaine dichotomie. On aurait envie d'y rester pour toujours, tout en voulant quitter pour retourner chez soi et faire de notre mieux pour s'y sentir aussi bien (extrait de mon billet sur #Clair2017);
- Je suis revenue de Clair sans vraiment en revenir, avec encore une fois l'envie d'y retourner (extrait de mon billet sur #Clair2016);
- Ça ne s'est pas terminé la journée du retour à la maison, car j'ai ramené un peu de Clair2015 dans ma valise, c'est encore présent et ça le restera (extrait de mon billet sur #Clair2015).

La présence de monsieur Sébastien Proulx, notre ministre de l’éducation, était particulièrement signifiante cette année. Nous sommes privilégiés d’avoir à nos côtés un si grand homme, capable d’écoute, d’ouverture, passionné autant que nous le sommes par l’Éducation et conscient que c’est en travaillant tous ensemble que l’on fera une réelle différence. C’est officiel, avec de tels propos, il fait partie de notre tribu (visuel par @catlap78) :


Cette année, chaque personne qui a pris le micro sur scène a allumé une nouvelle étincelle en moi. Tous ont su mettre l’accent sur l’humain, l’élève, la relation essentielle avant toute autre chose :

  • Margarida Romero, ma douce amie, a bien mis en évidence l’importance de cultiver la curiosité, la tolérance à l’ambiguïté. Non seulement chez l’élève, mais aussi chez l’adulte;
  • Thierry Karsenti, une belle rencontre pour moi cette année, a remis en perspective l’utilisation du numérique qui peut laisser l’élève dans un état passif si on se contente de peu. On ne le dira jamais assez : le numérique n’est qu’un outil et n’a pas pour fonction de susciter la motivation et l’intérêt des élèves. C’est l’usage qu’on en fait qui est déterminant pour l’engagement;
  • Pierre-Yves Rochat m’a complètement obnubilée par son humilité, son humour, sa capacité à faire passer son message, sa passion certaine et son impact profond sur plusieurs vies. Son parcours n’a sans doute pas été facile mais il a choisi d’en faire ressortir toute la beauté, c’était grandiose.
  • Marius Bourgeoys, je dois avouer que j’étais déjà vendue, quel homme inspirant! Sa conférence sur le leadership était parfaite du début à la fin. Rafraîchissante, stimulante, intelligente,drôle et surprenante.

J’aime par dessus tout le temps des retrouvailles et des rencontres, je carbure au contact humain et à Clair2018 j’ai fait le plein. Le plein de retrouvailles et de trouvailles. Il y a de petits trésors cachés en chacun de nous et de les exposer au grand jour dans un monde aussi éclatant ne peut que nous faire briller tous. C’est d’ailleurs le cas des élèves, de l’école et de la communauté qui ont bien mérité l'étoile de leur prix Quasar (remis par Idée éducation entrepreneuriale).
Parlant de briller, il y a aussi Bradlee : petit homme de sixième année qui est monté sur scène, d’un air à la fois timide et sûr de lui. C’est à voir (cliquez ici). Ce qu’il y a de beau dans cette interprétation, au-delà du choix de la chanson et de sa voix sans faille, c’est surtout le fait qu’il se gonfle de fierté, de bonheur et que ça lui donne autant d’assurance. C’était tout simplement beau, magique. Magique comme moment, mais surtout comme leçon à retenir :

Chaque enfant a ce petit quelque chose à l’intérieur de lui. Une passion, un potentiel, un rêve, une voix qui l’appelle et qu’on doit tous entendre. Si on lui en donne l’opportunité, il pourra sans aucun doute s’accomplir dans ce qu’il est et trouver sa place dans le monde… Même la chanson thème du CAHM le dit : "On a tous une étoile, des rêves, des histoires. Il ne reste qu'à vouloir et on pourra s'envoler."

Finalement, ce que je retiens de #Clair2018 n'est pas tout à fait rationnel, plutôt émotif. Au final, n’est-ce pas ce qui compte le plus?

mardi 25 avril 2017

Et si l'on repensait l'école?

L’événement
Lorsqu’on parle de changement et d’innovation en éducation, certains ont tendance à vouloir panser l’école plutôt que la penser : mettre un pansement sur le bobo, ne pas prendre de risques, conserver les acquis. Du 31 mars au 2 avril dernier se tenait à Montréal un hackathon organisé par Credo, dont la mission est de mettre en œuvre des projets qui contribuent à un monde meilleur (rien de moins!). Là-bas se rencontraient différents acteurs de la communauté qui, le temps d’un weekend, se plairaient à repenser l’école en formant des équipes au hasard des routes qui se croisent. Leur objectif? S’allier pour relever l’un des 4 défis proposés : un suivi cohérent et positif du progrès de l’élève, l’évaluation entre les mains des enseignants, un environnement bâti propice à l’apprentissage ou un menu étudié pour le mieux-être de l’élève. On allait donc vouloir la guérir et la sortir de sa torpeur, cette école que l’on aime tant.

Collaboration et communauté
Ce qui nous a d’abord frappées là-bas, c’est cet esprit de communauté, de collaboration entre des acteurs de différents domaines, cette ouverture et la conviction que l’on ressentait qu’en travaillant ensemble, rien n’est impossible. Des mentors ont donné généreusement de leur temps pour répondre aux questions des gens, s’intéresser aux projets des équipes, donner de bons conseils ou un moment privilégié à ceux qui avaient besoin de soutien. On sentait une énergie toute particulière envahir les lieux.

Environnement créatif
Il y avait aussi les environnements créatifs, des lieux stimulants où l’espace disponible laissait place à toutes les idées. Que ce soit à La Gare, dans les bureaux de ChallengeU ou dans ceux de Credo, nous nous sommes sentis libres de créer et d’innover. Tout naturellement nous nous déplacions dans l’espace au fil du développement de nos idées, s’imaginant mal rester de marbre alors que dans notre tête, c’était la frénésie. Partout autour de nous de grandes fenêtres ouvraient sur de nouveaux horizons et rappelaient @MarioAsselin lorsqu’il dit que le passage d’une «société de la connaissance» à une «société de connaissants» se fera au moment où les écoles cesseront d’ériger des murs et donneront la place aux fenêtres. Les pédagogues et parents d’entre nous ne pouvaient s’empêcher d’imaginer les jeunes dans un tel environnement, d’oser repousser les limites que nous leur imposons trop souvent, pour voir émerger leurs talents et leurs passions.

Relever le défi
Chacun des défis proposés venait avec une liste de critères à respecter et il nous faudrait faire un «pitch» le dimanche matin, devant jury. Les équipes ont eu à faire preuve de flexibilité pour apprendre à travailler ensemble, de créativité pour trouver une idée à faire émerger et de coopération pour construire autour des forces de chacun. Il y avait là tout un contexte stimulant l’engagement et l’effort auquel s’ajoutait le facteur du temps, le petit plus qui nous amenait à vouloir nous dépasser.

Continuum
Le vendredi 31 mars, à 20h40, le hasard a placé ensemble dix personnes qui se sont inscrites sous le nom de «portfolio numérique», au défi 1 (celui du suivi à l’élève). Vingt minutes plus tard, après avoir à peine fait connaissance, nous partions chacun de notre côté avec un peu d’appréhension et quelques incertitudes. Ce premier contact avait été correct, mais trop court pour créer le moindre lien de confiance. L’équipe aurait pu imploser, comme ce fût le cas pour certaines.

Pourtant, les nombreuses heures passées ensemble le lendemain ont été un exemple quasi parfait de la puissance de la coopération. Si nous avions tous une petite idée de comment relever le défi, nul ne serait arrivé seul à imaginer Continuum tel qu’il a été présenté. Chacun a su mettre ses idées de l’avant et adhérer à celles des autres en discutant de façon intelligente et en mettant l’élève au centre de tout. Nous étions tous conscients de nos forces et les avons mises en action au bon moment. Nous sommes plus que fiers du résultat de ce travail d’équipe et avions assez confiance de pouvoir remporter le défi… ce qui advint quelques heures plus tard sans quoi nous en sortions déjà tous gagnants, d’une façon ou d’une autre.

Repenser l’école, on le faisait déjà hier, on le fera encore demain et on se considère privilégiées de l’avoir fait aussi dans ce contexte tout particulier.